L'essentiel en quatre lignes
- La slow life n'impose aucune règle : l'idée est de choisir son rythme, lent quand la vitesse n'apporte rien, rapide quand il le faut.
- Elle s'inscrit dans la suite du mouvement Slow Food, dont le manifeste a été signé à Paris en décembre 1989, et des villes lentes (Cittaslow), nées en Italie en 1999.
- Au quotidien, elle passe par de petits gestes : manger assis, faire une chose à la fois, garder des moments sans écran, laisser du vide dans l'agenda.
- En France, le Code du travail reconnaît depuis 2016 un droit à la déconnexion, que l'entreprise doit organiser.
Au fil de la page
La slow life, c'est l'idée de ralentir là où la vitesse n'apporte rien. Manger assis plutôt que debout devant l'évier. Faire une chose à la fois. Laisser un soir de la semaine sans rien prévoir. Il ne s'agit pas de tout faire au ralenti ni de quitter son travail pour la campagne : on garde sa vie, on change quelques habitudes.
Le terme vient d'un mouvement plus large, parti de la cuisine italienne à la fin des années 1980. Voici d'où il vient, ce qu'il recouvre vraiment, et une série de gestes simples pour l'essayer sans tout bouleverser. D'autres pistes pour souffler un peu se trouvent dans la rubrique Se poser.
D'où vient la slow life
Le Slow Food, point de départ
Tout commence par la nourriture. À la fin des années 1980, le militant italien Carlo Petrini et ses proches s'opposent à la restauration rapide et défendent les produits locaux et le repas pris le temps qu'il faut. Selon l'association Slow Food, son manifeste est signé à Paris le 9 décembre 1989 par des délégations venues de plusieurs pays. Le mot « slow » devient un étendard, en réponse directe au « fast-food ».
Les villes lentes
Dix ans plus tard, en 1999, l'idée passe de l'assiette à la ville. Des communes italiennes fondent le réseau Cittaslow, les « villes lentes ». Elles s'engagent sur la qualité de vie : commerces de proximité, produits locaux, place laissée aux piétons. Le réseau rassemble aujourd'hui des communes de plusieurs pays.
Un livre qui a fait connaître l'idée
Le journaliste Carl Honoré a réuni ces initiatives dans un livre traduit en français sous le titre Éloge de la lenteur (Marabout). Il y passe en revue l'alimentation, le travail, la médecine ou les loisirs sous l'angle de la vitesse. Sa thèse tient en une phrase : la vitesse pose problème quand elle devient un réflexe, appliqué à tout. La slow life, telle qu'on l'entend aujourd'hui, part de là.
Ce que veut dire ralentir
Choisir son rythme
Il y a des moments où la vitesse sert : attraper un train, répondre à une urgence. La slow life propose de réserver ce rythme à ces moments-là, et de redescendre le reste du temps. On choisit au lieu de subir.
Moins de choses en même temps
Une bonne part de la sensation de course vient du fait de mener plusieurs tâches de front : lire ses messages en mangeant, écouter un podcast en répondant à un collègue. Faire une seule chose à la fois est la base de la plupart des conseils slow. C'est aussi le plus difficile à tenir.
Ce que la slow life n'est pas
On imagine parfois un mode de vie réservé à ceux qui ont du temps et de l'argent, avec maison à la campagne et téléphone éteint. La plupart des gestes slow se pratiquent pourtant en ville, avec un smartphone dans la poche, et beaucoup ne coûtent rien, et certains font même gagner un peu de temps, comme cuisiner une fois pour deux repas.
Des gestes simples pour commencer
À table
Asseyez-vous pour manger, même seul, même pour un repas rapide. Posez le téléphone dans une autre pièce. Prenez le temps de goûter les premières bouchées. Cuisiner des produits simples, de saison, avec des restes à réchauffer le lendemain, fait partie de la même logique.
Les déplacements
Marcher ou pédaler pour les trajets courts transforme un temps perdu en temps pour soi. Quand ce n'est pas possible, on peut au moins partir cinq minutes plus tôt, pour ne pas courir. Ces cinq minutes changent souvent la façon dont on arrive.
Les écrans
Les notifications fractionnent l'attention. Désactiver celles qui ne sont pas utiles, regrouper la lecture des messages à quelques moments de la journée, garder la chambre sans écran : chacun de ces gestes réduit les interruptions. Le soir, la question de la lumière des écrans se pose aussi pour le sommeil ; ce que dit l'Anses sur le sujet est résumé dans notre article sur les écrans le soir.
L'agenda
Un agenda plein d'un bout à l'autre ne laisse aucune marge. Gardez des plages vides, sans les remplir au dernier moment. Elles servent à absorber les imprévus, ou simplement à ne rien faire. Apprendre à dire non à une invitation ou à une demande fait partie du même apprentissage.
Le rythme du corps
Ralentir, c'est aussi respecter ses heures de fatigue et d'éveil. Certaines personnes sont plus vives le matin, d'autres le soir ; notre article sur le chronotype explique d'où viennent ces différences. Caler les tâches qui demandent de la concentration sur ses meilleures heures évite de forcer.
Un moment pour souffler
Quelques minutes de respiration lente dans la journée sont une façon concrète de marquer une pause. La respiration carrée se pratique assis, en quelques minutes, sans matériel.
Ralentir au travail
Le droit à la déconnexion
En France, la loi du 8 août 2016 a inscrit dans le Code du travail un droit à la déconnexion. L'article L2242-17 prévoit que l'entreprise négocie les modalités de ce droit ; sans accord, l'employeur rédige une charte après avis du comité social et économique. L'INRS précise que le Code ne fixe pas de mesures concrètes : chaque entreprise les définit. Si votre entreprise a une charte, elle dit par exemple à quelles heures vous n'êtes pas tenu de répondre aux messages.
Les petites marges
Même sans changer d'emploi, on peut se ménager des marges : bloquer un créneau sans réunion pour avancer sur un dossier, faire une vraie pause déjeuner loin du bureau, fermer la messagerie quand on rédige. Ces gestes ne règlent pas une charge de travail trop lourde. Quand la fatigue ou le stress au travail deviennent pesants, le médecin du travail ou le médecin traitant sont les bons interlocuteurs.
Ce que la slow life change, et ce qu'elle ne change pas
| Habitude courante | Version slow | Ce qu'on y gagne |
|---|---|---|
| Déjeuner devant l'écran | Repas assis, téléphone rangé | Une vraie pause |
| Courir d'un rendez-vous à l'autre | Partir cinq minutes plus tôt | Arriver sans stress |
| Notifications toujours actives | Messages lus à heures fixes | Moins d'interruptions |
| Agenda rempli | Plages laissées libres | De la marge pour l'imprévu |
| Voiture pour un trajet court | Marche ou vélo | Un temps dehors |
La slow life est une démarche personnelle, pas une méthode évaluée par des études. Elle n'a rien d'un traitement : un épuisement, des troubles du sommeil ou une anxiété qui durent méritent un avis médical. Elle aide surtout à regarder où passe son temps, et à reprendre la main sur une partie de ses journées.
Garder la souplesse
Il y aura des semaines pleines, des soirs où l'on mange debout, des jours où tout s'accélère. Ce n'est pas un échec. Ce qui compte, c'est la place qu'on arrive à redonner, petit à petit, aux moments sans hâte.
Relier les deux colonnes
Chaque habitude a sa version slow
Associez chaque habitude courante à la version plus lente proposée dans l'article.
La réponse se trouve dans la partie Ce que la slow life change, et ce qu'elle ne change pas
Déjeuner devant l'écran : Repas assis, téléphone rangé
Courir d'un rendez-vous à l'autre : Partir cinq minutes plus tôt
Notifications toujours actives : Messages lus à heures fixes
Agenda rempli : Plages laissées libres
Voiture pour un trajet court : Marche ou vélo
Pour aller plus loin : Chronotype : êtes-vous du matin ou du soir, et peut-on en changer
Vos questions, nos réponses courtes
Qu'est-ce que la slow life ?
C'est une façon de vivre qui consiste à ralentir quand la vitesse n'apporte rien : prendre le temps de manger, faire une chose à la fois, laisser des moments libres. Il ne s'agit pas de tout faire lentement, mais de choisir son rythme.
D'où vient le mouvement slow ?
Il descend du mouvement Slow Food, né en Italie autour de Carlo Petrini, dont le manifeste a été signé à Paris le 9 décembre 1989. Le réseau des villes lentes, Cittaslow, a suivi en Italie en 1999. Le journaliste Carl Honoré a popularisé l'idée dans son livre traduit sous le titre Éloge de la lenteur.
Faut-il quitter la ville ou changer de métier ?
Non. La plupart des gestes de la slow life se pratiquent là où l'on vit : un repas sans écran, une marche à pied, une soirée sans rien prévoir. Commencer par un seul changement suffit.
Existe-t-il un droit à la déconnexion en France ?
Oui. Depuis la loi du 8 août 2016, l'article L2242-17 du Code du travail prévoit que l'entreprise organise le droit à la déconnexion, par accord ou, à défaut, par une charte.



