L'essentiel en quatre lignes
- La respiration 4-7-8 consiste à inspirer par le nez sur 4 temps, retenir son souffle sur 7, puis expirer par la bouche sur 8.
- On enchaîne en général quatre cycles, pas davantage au début ; c'est le rapport entre les temps qui compte, pas la durée exacte.
- Une étude de 2022 sur 44 jeunes adultes a observé de petits effets sur la variabilité cardiaque et la tension, mais aucune étude ne prouve qu'elle fait s'endormir en une minute.
- En cas de vertiges, on arrête ; une maladie respiratoire ou cardiaque, ou des crises d'angoisse, justifient un avis médical avant de s'y mettre.
Au fil de la page
La respiration 4-7-8 consiste à inspirer par le nez en comptant jusqu'à 4, à retenir son souffle jusqu'à 7, puis à expirer lentement par la bouche jusqu'à 8. On enchaîne quatre cycles, ce qui prend à peine une minute. Elle sert à ralentir le souffle et à se poser, le soir au coucher ou dans un moment de tension.
Ce qu'elle ne fait pas : endormir à coup sûr « en soixante secondes », comme on le lit souvent. Les études sont rares et portent sur de petits groupes. La technique n'est pas non plus faite pour tout le monde, à cause de la rétention de souffle. Voici la méthode pas à pas, l'état des connaissances et les précautions. D'autres pratiques pour souffler un peu sont réunies dans la rubrique Se poser.
D'où vient la respiration 4-7-8
La technique a été popularisée par Andrew Weil, médecin américain connu pour ses livres sur la médecine dite intégrative. Il la présente comme une adaptation d'exercices de respiration issus du yoga, le pranayama. Il l'a baptisée « respiration relaxante » et l'a diffusée dans ses ouvrages et ses vidéos, d'où son succès sur internet.
Le principe repose sur une expiration deux fois plus longue que l'inspiration, séparée par une pause poumons pleins. Cette expiration prolongée est un point commun à beaucoup d'exercices de respiration lente.
La technique pas à pas
S'installer
Asseyez-vous sur une chaise, le dos droit, les pieds à plat, ou allongez-vous sur le dos si vous pratiquez au coucher. Dans la fiche d'Andrew Weil, reprise notamment par l'université du Minnesota, la pointe de la langue repose contre le bourrelet de gencive situé juste derrière les dents du haut, pendant tout l'exercice. L'air sort alors autour de la langue, en faisant un léger souffle.
Un cycle complet
- Expirez complètement par la bouche, en vidant vos poumons.
- Fermez la bouche et inspirez calmement par le nez en comptant jusqu'à 4.
- Retenez votre souffle en comptant jusqu'à 7.
- Expirez lentement par la bouche en comptant jusqu'à 8, avec un souffle audible.
- Recommencez, pour quatre cycles au total.
Le rythme compte plus que les secondes
Les chiffres désignent des temps, pas forcément des secondes. Ce qui compte, c'est le rapport entre les trois phases : 4, puis 7, puis 8. Si vous comptez vite, le cycle sera court ; si vous comptez lentement, il sera plus long. Choisissez un rythme où la rétention reste confortable.
Weil conseille de ne pas dépasser quatre cycles d'affilée pendant le premier mois de pratique. Mieux vaut pratiquer deux fois par jour, en quelques cycles, que longtemps d'un coup.
Les erreurs les plus fréquentes
La première consiste à forcer. Une inspiration trop ample, qui soulève les épaules, rend la rétention inconfortable et donne vite le tournis. Inspirez sans chercher à gonfler vos poumons au maximum, en laissant le ventre se gonfler doucement.
La deuxième tient au comptage. Au début, beaucoup de gens comptent trop lentement pendant la rétention, parce qu'ils se concentrent sur elle, puis accélèrent pendant l'expiration. Un repère simple : gardez la même cadence pour les trois phases, comme si vous comptiez des pas.
La troisième est d'en attendre trop. Si vous pratiquez en guettant le sommeil, l'attente elle-même tient éveillé. Faites vos quatre cycles, puis laissez votre respiration revenir à son rythme, sans rien vérifier.
Ce que l'on sait de ses effets
Une étude sur de jeunes adultes en 2022
Les travaux publiés sur la technique elle-même sont peu nombreux. Le plus cité est une étude parue en 2022 dans la revue Physiological Reports, signée Joshua Vierra et ses collègues (article en accès libre). Elle a porté sur 44 jeunes adultes de 19 à 25 ans en bonne santé, dont une partie avait été privée de sommeil.
Les chercheurs ont mesuré la variabilité de la fréquence cardiaque, c'est-à-dire les petites variations de l'intervalle entre deux battements, souvent utilisée comme indicateur de l'équilibre du système nerveux autonome. Ils concluent que la respiration 4-7-8 améliorait cet indicateur et la tension artérielle, surtout chez les participants qui n'étaient pas en manque de sommeil.
Comparée à d'autres respirations lentes
En 2025, une étude publiée dans Applied Psychophysiology and Biofeedback a comparé plusieurs façons de respirer chez 84 étudiants (résumé sur PubMed) : la respiration carrée, la respiration 4-7-8 et une respiration lente à six cycles par minute. C'est cette dernière qui augmentait le plus la variabilité cardiaque, avec des écarts de petite à moyenne ampleur. La 4-7-8 n'apparaît donc pas comme une méthode à part, plus puissante que les autres.
Ce qu'on ne peut pas affirmer
| Affirmation courante | Ce que disent les études |
|---|---|
| « Elle fait s'endormir en une minute » | Aucune étude ne le montre |
| « Elle soigne l'insomnie ou l'anxiété » | Non démontré ; ces troubles relèvent d'un médecin |
| « Elle agit sur le cœur et la tension » | Petits effets observés chez de jeunes adultes en bonne santé |
| « C'est la meilleure respiration » | Une respiration lente régulière fait au moins aussi bien dans une étude de 2025 |
Les études portent sur de petits groupes, des personnes jeunes et en bonne santé, et des effets mesurés pendant ou juste après l'exercice. Elles ne disent rien de l'effet sur le sommeil à long terme. Si la technique vous aide à décrocher le soir, tant mieux : c'est déjà une raison de la garder. Les questions d'horaires et de lumière avant de dormir sont abordées dans la rubrique Rythmes et sommeil.
Pour qui, et quand
Les moments où elle trouve sa place
La respiration 4-7-8 se glisse facilement au coucher, assis au bord du lit ou allongé, quand les pensées tournent encore. Elle peut aussi servir avant un moment qui stresse, une prise de parole ou un rendez-vous, puisqu'elle se pratique en une minute, sans matériel. Certains l'associent à une habitude fixe, comme se brosser les dents, pour ne pas oublier. Les soirs où le rythme est bousculé, après un changement d'heure par exemple, elle peut faire partie des petits gestes qui aident à décrocher.
Les situations où il faut demander un avis
La rétention de souffle n'est pas anodine pour tout le monde. Demandez l'avis de votre médecin avant de pratiquer si vous avez une maladie respiratoire, comme l'asthme ou une bronchopneumopathie chronique, une maladie cardiaque ou une tension mal équilibrée. Même chose si vous êtes sujet aux crises d'angoisse : chez certaines personnes, se concentrer sur le souffle ou le retenir peut au contraire augmenter le malaise.
Quelques règles de bon sens valent pour tous. On ne pratique pas en conduisant ni dans une situation où un étourdissement serait dangereux. On arrête en cas de vertige, de picotements ou d'oppression. Et si l'exercice sert à calmer des difficultés de sommeil ou une anxiété qui durent, il ne remplace pas une consultation : votre médecin ou votre pharmacien peuvent vous orienter.
Le bon usage
Pratiquée sans forcer, quelques cycles à la fois, la respiration 4-7-8 est un outil simple pour ralentir. Elle ne demande ni application ni accessoire, juste de quoi compter dans sa tête. Le jour où la rétention vous semble pénible, raccourcissez les temps, ou contentez-vous de souffler plus longuement que vous n'inspirez.
Remettre les étapes en ordre
Remettez le cycle dans l'ordre
Classez ces étapes d'un cycle de respiration 4-7-8, de la première à la dernière.
- Recommencer, pour quatre cycles au total
- Expirer complètement par la bouche
- Inspirer par le nez en comptant jusqu'à 4
- Expirer lentement par la bouche en comptant jusqu'à 8
- Retenir son souffle en comptant jusqu'à 7
La réponse se trouve dans la partie Un cycle complet
- Expirer complètement par la bouche
- Inspirer par le nez en comptant jusqu'à 4
- Retenir son souffle en comptant jusqu'à 7
- Expirer lentement par la bouche en comptant jusqu'à 8
- Recommencer, pour quatre cycles au total
Pour aller plus loin : Préparer ses nuits avant le changement d'heure, quelques jours à l'avance
Vos questions, nos réponses courtes
Comment faire la respiration 4-7-8 ?
Asseyez-vous le dos droit, expirez complètement, puis inspirez par le nez en comptant jusqu'à 4, retenez votre souffle jusqu'à 7 et expirez lentement par la bouche jusqu'à 8. Répétez quatre fois.
Combien de cycles faut-il faire ?
Quatre cycles d'affilée, c'est la proposition habituelle. Andrew Weil conseille de ne pas aller au-delà pendant le premier mois de pratique.
La respiration 4-7-8 fait-elle vraiment dormir en une minute ?
Aucune étude ne le montre. Les rares travaux disponibles observent de petits effets physiologiques chez de jeunes adultes en bonne santé, ce qui ne permet pas de promettre un endormissement rapide.
Que faire si la tête tourne ?
Arrêtez l'exercice et reprenez une respiration normale. Vous pouvez essayer plus tard avec des temps raccourcis, en gardant le même rapport, par exemple 2, 3 et 4.
Qui doit éviter cette technique ?
Si vous avez une maladie respiratoire ou cardiaque, une tension mal équilibrée ou des crises d'angoisse, demandez l'avis de votre médecin avant de pratiquer la rétention de souffle.



